Déclaration de la CGT éduc’action 13 au CTSD du 20.10.2017

1er degré et collèges
vendredi 20 octobre 2017
par  cgt éduc 13 (1er degré)


Nous sommes réunis ce jour pour faire le bilan de la rentrée 2017. Nous nous sommes quittés pressés de répondre aux injonctions politiques (des CP à 12 à financer par redéploiement) et victimes de décisions brutales (la suppression des CUI). Sans surprise cette rentrée est très difficile.


Il fallait donc répondre à l’injonction et mettre en place des CP à 12 en REP + , beau projet , 12 c’est moins d’élèves que revendiqués par la CGT ! Sauf que faute de moyens le « cadeau » du Président s’avère empoisonné. Ce passage à 12 des CP REP+ s’est fait au détriment des postes de remplaçants. Cet affichage politique dans le concret, le dur de nos métiers se réalise par la mise en danger de la formation continue réduite à peau de chagrin, des conditions de travail dégradées, un recul pour le statut de ces collègues qui seraient amenés à faire des remplacements certes nécessaires dans l’année mais au prix de recours à des vacations et non des emplois de titulaires. Sans parler du redéploiement au sein même des écoles REP+ : en effet il aurait été intéressant dans les documents fournis de traiter les CP à part des autres niveaux, et on n’aurait pas constaté la même baisse des effectifs en REP+ à la rentrée 2017.


Nous avons dès juillet vu des collègues avec qui nous partagions le quotidien au travail depuis parfois plusieurs années quitter leur poste du jour au lendemain sans sommation. Nous avons laissé des collègues choqués par la brutalité de la méthode et les avons retrouvés en colère en septembre. En colère car l’état de délabrement de nos services (administratifs, techniques) en cette rentrée est à la mesure de l’importance du travail accompli par ces personnels remerciés en juillet. Cela ne rend que plus injuste et violente mais surtout incompréhensible la décision qui a été prise de mettre fin à ces contrats. Certes la CGT Educ’action ne revendique pas la précarité et nous n’avons de cesse de dénoncer le recours de l’Etat à ce type de contrat pour assumer des missions de service public qui plus est, de réclamer une augmentation du nombre de fonctionnaires. Cependant présenter ces suppressions comme un acte de quasi libération des précaires comme a pu le faire le gouvernement, 1er ministre en tête, est d’une grande indécence. Nous l’avons dit en juillet ces personnels ont été remerciés d’une façon brutale et inhumaine. Par ailleurs quel avenir pour ces personnes à qui l’Etat promettait une insertion ? Quelles facilités leur ont été accordées afin d’intégrer le corps de titulaires pour les missions desquels ils ont été formés parfois 2 années durant ? Pas d’accès au concours interne, pas d’accès à une préparation facilitée et financée aux concours ? Non le chômage en attend beaucoup d’entre eux… Par ailleurs qu’en est-il du travail accompli par eux et ceux qui ne seront pas renouvelés dans les mois à venir ? L’Etat a eu beau jeu de recourir à ces personnels précaires pour répondre à des besoins qui auraient nécessité des créations de postes de titulaires. Ces années de rafistolage des services sans création d’emplois pérennes sont aujourd’hui facilement balayés et les services menaces de s’écrouler : les grèves, demandes d’audience se sont multipliés. Le lycée Saint Exupéry ou le collège Belle de mai parmi les premiers. Hier encore le collège Louise Michel dans le 10è a vu l’ensemble de la vie scolaire, des personnels technique du conseil départemental et plus de 60% des personnels enseignants en grève suite à la perte de 3 CUI et la perte imminente de 2 autres CUI (3 rectoraux et 2 du conseil départemental). Lors des audiences accordés aux collègues les services administratifs ont eu beau répéter subir une décision de suppression qui ne leur incombait pas ce sont bien des années de saupoudrage de moyens non pérennes qui ont rendu possible cette situation de crise imminente dans nos services car la précarité c’est la vulnérabilité des personnels mais également des services. Dans le 1er degré ces suppression entrainent la surcharge administrative de travail pour les directeurs le plus souvent, la dégradation de l’accueil dans les écoles pour les familles (ouverture portail, répondre au tel...) et la dégradation des conditions de travail des enseignants en découle aussi, enseignants qui quotidiennement nous sollicite pour faire part de leur souffrance.


Dans ces conditions la CGT EDUC’CATION ne peut aujourd’hui que se faire l’écho du ras-le-bol, des collègues et des inquiétudes sévères quant à la qualité du service que nous avons à rendre. Dans ce contexte aussi il est difficile de ne pas lire le rapport de la cour des comptes sur le remplacement des enseignants comme une provocation de plus qui vise à diffuser une image dégradé des personnels de l’Education. Dans ce contexte il est difficile d’accepter que notre pouvoir d’achat baisse car si le PPCR est repoussé ce n’est pas le cas des hausses de cotisation retraite ni de CSG. Les collègues n’ont pas en cette rentrée le sentiment que leur travail est valorisé, les pouvoirs publics donnent au contraire des signes de mépris pour nos missions et notre travail : tant par la facilité avec laquelle ils suppriment une partie des personnels assurant ces missions que par les mesures de dévalorisation de notre pouvoir d’achat.
L’ampleur de la mobilisation le 10 octobre montre que c’est l’ensemble des fonctionnaires qui vit ce mépris, qui est en colère. C’est des années de dégradation des services publics que l’on commence à payer plus directement dans la santé et l’éducation … c’est qu’une autre injonction celle-là de l’OCDE commence à se réaliser, la livraison aux intérêts privés de ces deux derniers bastions publics. La CGT EDUC’ACTION défend les personnels mais également une certaine idée de la solidarité et à ce titre ne peut qu’accueillir l’imminent basculement de ces services publics avec effroi mais également une grande détermination au combat dont elle a fait preuve depuis septembre aux côtés de Solidaires et la FSU, aux côtés de nombreux syndiqués et union départementales FO, aux côtés des travailleurs, des usagers, pour défendre la solidarité. Le budget annoncé laisse présager une flambée du nombre de précaires inquiétante pour l’avenir de notre système éducatif… mais cela laisse présager aussi un nécessaire durcissement de nos combats.


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