Déclaration CGT au CDEN "rythmes scolaires" du 30 janvier 2013

jeudi 31 janvier 2013
par  cgt éduc 13 (1er degré)

Déclaration de la CGT Educ’Action 13

au CDEN du 30 janvier 2013

 

Le 8 janvier dernier le projet de décret relatif à l’aménagement du temps scolaire était soumis au CSE. Une majorité des organisations syndicales représentées a nettement affirmé son refus de souscrire à ce projet, la CGT avec d’autres organisations votant contre, certaines s’abstenant ou refusant de prendre part au vote. Dans tous les cas l’opposition à ce projet est unanime parmi les personnels, elle s’est exprimée dans la grève massive des personnels parisiens le 22 janvier, elle s’est exprimée dans les rassemblements tenus partout, et y compris dans les Bouches du Rhône, mercredi 23 janvier, et surtout elle s’exprimera encore : dès demain dans la journée d’action et de grève de la Fonction publique à laquelle les enseignants du 1er degré participeront massivement aux côtés des autres personnels de l’éducation et autres secteurs de la Fonction Publique, et au-delà encore dans de nouvelles mobilisations et grèves.

Cette opposition massive, et qui n’en doutons pas sera durable, n’est pas le produit du « corporatisme » des PE : le ministre a tort de porter à l’encontre des enseignants du 1er degré de telles accusations, cette insulte ne l’honore pas, elle devrait faire honte à ceux qui dans son parti ou dans la presse (CF l’éditorial du Monde du 23 janvier) l’ont entonné. Les enseignants visé-e-s sont les mêmes qui se sont battus pour la défense des RASED, et se battent pour leur réhabilitation, alors qu’ils sont les oubliés de la L-O. Ce sont les mêmes qui ont inlassablement défendus au cours des mandatures précédentes les conditions d’études des élèves face aux suppressions massives de postes. Les mêmes qui se sont opposés à la destruction du système de formation des maîtres. Ce sont les mêmes qui depuis plus de deux mois se mobilisent à Marseille aux côtés de parents et des personnels municipaux pour le recrutement d’ATSEM et de personnels de service permettant d’accueillir les enfants de maternelles de manière satisfaisante, les mêmes qui ont porté, encore très récemment, l’exigence de moyens propres à la scolarisation des tout-petits... . Ce sont les mêmes qui se sont opposés au fichage des élèves et à son corollaire le Livret Personnel de Compétence, et ce sont les mêmes qui ont combattu la réforme de l’organisation du temps scolaire introduite par le ministre Darcos avec laquelle le ministre actuel refuse de rompre clairement.

Non, ce n’est pas être corporatiste que d’affirmer que les conditions de travail des enseignants se sont dégradées et avec elles les conditions d’étude des enfants dans les classes. Les conditions de travail des enseignants et les conditions d’apprentissage des élèves sont intimement liées, elles ne peuvent être dissociées. Or, ce décret aggrave les conditions de travail déjà considérablement détériorées des PE en les privant d’une pause hebdomadaire pourtant essentielle à la restauration de leur capacité d’enseigner. Il se solde par une augmentation du temps de travail sans contrepartie salariale, alors qu’avec le gel des salaires et la désindexation, la rémunération des enseignants en valeur réelle n’a cessé de baisser ces dix dernières années. Comment penser faire fonctionner un service public essentiel à la Nation en traitant avec un tel mépris salarial celles et ceux qui concrètement le font vivre au quotidien ? Nantis les PE ? Quand un gardien de la paix recruté à Bac + 2 commence sa carrière à 1875 euros mensuels, alors qu’un PE recruté à Bac + 5 la débute avec 1660 euros ? Il ne s’agit pas là de corporatisme, mais d’exigence pour le service public d’éducation et pour ses agents.

Contrairement à ce qui se colporte, pour nous aussi les élèves sont avant tout des enfants. Pour autant ce n’est pas en se contentant de réorganiser les horaires d’apprentissages qu’on résoudra le problème de leurs rythmes de vie. Concernant le rythme des apprentissages, en l’espèce s’il est légitime de penser le réformer, il est impensable de pouvoir le faire sans une réflexion approfondie sur les programmes et sans une véritable concertation, pas un simulacre, avec les enseignants. Sans parler même des autres conditions : les rythmes de vie et de travail de leurs parents...

En réalité, de quel gain réel pour le bien être des élèves, de quelle amélioration de leurs conditions d’apprentissage le ministère peut-il se prévaloir avec le décret sur les rythmes scolaires ? Les élèves se lèveront tôt un jour de plus dans la semaine, alors que l’on sait que le manque de sommeil est un facteur qui pèse négativement sur les apprentissages. Les élèves seront plus longtemps à l’école, que ce soit pour du temps scolaire ou du temps périscolaire. Enfin les enfants verront leur pause méridienne s’allonger, alors qu’elle se déroule déjà, dans la plupart des cas, dans des conditions qui sont tout sauf propres à réparer la fatigue du matin : un taux d’encadrement qui peut descendre jusqu’à un adulte pour 50 élèves, une absence d’activités calmes prise en charge dans des locaux adaptés.

En définitive on ne peut que se demander pourquoi une telle réforme des rythmes est portée par le ministre de l’Education Nationale : qu’est-ce qui fait croire à M. Peillon que la prise en charge des enfants serait meilleure par les municipalités et leur personnel qu’elle ne peut l’être par l’Education Nationale et les siens ? En réalité le décret masque mal la volonté de transférer aux collectivités territoriales une partie essentielle des responsabilités incombant à l’Education Nationale en matière de prise en charge des élèves du 1er degré, au risque d’un accroissement des inégalités sociales et territoriales, au risque d’un éclatement du cadre national de cette prise en charge. La situation à Marseille l’illustre de manière éclatante : comment l’Etat peut il renoncer à exercer ses responsabilités alors que la carence de la municipalité est ici tellement criante ?

 

 

Présentation du règlement départemental par le DASEN qui sera la règle de base :

rouge : temps enseignant

jaune : temps Mairie

orange : temps commun Mairie/enseignants

 

 

Lundi

Mardi

Mercredi

Jeudi

Vendredi

8h30-11h30

Heures d’enseignement

Heures d’enseignement

Heures d’enseignement

Heures d’enseignement

Heures d’enseignement

11h30-13h30

Pause méridienne (temps Mairie)

 

Pause méridienne (temps Mairie)

13h30-14h

Heures d’enseignement

Activités pédagogiques complém.

Activités pédagogiques complém.

Heures d’enseignement

14h-16h

Heures d’enseignement

Heures d’enseignement

16h-16h30

Temps Mairie

Temps Mairie

 


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