Compte rendu du CDEN du 16 janvier 2015 et déclaration de la CGT

mercredi 4 février 2015
par  cgt éduc 13 (1er degré)

Compte-rendu du CDEN du 16 janvier 2015


Déclarations


La fcpe 13 , l’unsa, le snes ont axé leurs déclarations sur les événements récents.
La cgt (cf déclaration ci-dessous) a, malgré l’émotion partagée par tous suite aux récents événements, appelé à se mobiliser pour que cet état de choc ne soit pas le prétexte à de nouvelles régressions sociales et politiques, notamment en direction de l’école publique. 
 
Éléments de réponse du dasen suite aux déclarations
Le DASEN s’est dit heurté par les termes employés dans notre déclaration (« abus de pouvoir », « exploiteurs ») qu’il qualifie d’excessifs. Il réaffirme son engagement auprès des collègues stagiaires, auprès des établissements en REP. Il affirme que la réforme de l’éducation prioritaire ne se fait pas à moyens constants et que la carte de l’éducation prioritaire prévoit une hausse des moyens dans les Bouches du Rhône. De plus, « la situation dégradée dans les classes » est selon lui une « fausse déclaration » puisque des postes ont été créés et que le prochain CTSD sera à hauteur des ambitions nationales répondant à la réforme des REP et REP+ .

Points à l’ordre du jour

1/Le bilan de la rentrée
Le DASEN a confirmé l’augmentation du nombre d’élèves dans le premier degré. La scolarisation des enfants de moins de 3 ans est en hausse, ainsi que celle en éducation prioritaire. Cette dernière sera en augmentation pour la rentrée prochaine puisque des « milliers d’enfants vont entrer dans le réseau d’éducation prioritaire » grâce aux dites réformes.
Pour le second degré, les effectifs se stabilisent, mais une baisse est annoncée pour la rentrée prochaine. Par ailleurs, les effectifs en SEGPA subissent une plus grande baisse, due selon lui au refus des familles.
Le DASEN rappelle son engagement au près des élèves en grandes difficultés, puisque le nombre d’ULIS a « considérablement augmenté ».
Par ailleurs, une réflexion sur la restructuration du CASNAV est annoncée pour permettre un meilleur accompagnement des équipes et une meilleurs intégration des enfants non francophones. A la rentrée, les effectifs des primo-arrivants étaient en baisse en collège par rapport à la rentrée 2014. Cependant, il y a eu un afflux important d’élèves tout au long du premier trimestre, ce qui a engendré l’ouverture de deux dispositifs supplémentaires.
Pour finir, il a souligné l’engagement du 13 pour le pacte de sécurité et de cohésion sociale pour Marseille à hauteur de 37 millions d’euros. Par exemple, 10 classes ou ateliers relais ont été ouverts sur Marseille, ce qui a pour conséquence une baisse significative des conseils de disciplines.

Nous avons repris la parole pour saluer la nature des mesures du pacte de solidarité et de cohésion sociale sur Marseille tout en regrettant qu’il ne s’agisse que d’une l’enveloppe ponctuelle allouée dans un contexte où l’austérité va, selon les annonces, s’aggraver. Pour la CGT educ’action, le compte n’y est pas non plus en terme de postes dans le premier degré, l’augmentation du nombre de postes (+0,99 %) n’allant pas au delà de celle des effectifs (+ 1,34%). Tout en reconnaissant que le 13 a été relativement épargné par la réforme au rabais de l’éducation prioritaire, nous ne sommes pas d’accord avec l’ia pour dire que la réforme s’est effectuée avec davantage de moyens, les moyens attribués pour les autres départements de l’académie ayant complètement disparu.

2/ la fixation du taux de l’indemnité représentative de logements pour l’année 2014 a été votée.
Fo n’a pas pris part au vote, 5 absentions (cgt et snes) le reste pour

3/ modification de la sectorisation
-d’Aix en Provence
La création du collège de Luynes et la fermeture du collège des prêcheurs ont entrainé la modification de la carte scolaire. Le snes déplore l’absence de mixité dans ce projet, puisque les élèves des Milles auraient pu être affectés à Jas de Bouffan et non à Luynes. 30 % des élèves d’Aix ne sont pas dans leur collège de secteur et le nombre de dérogations accordées est élevé.
Le DASEN justifie cette carte scolaire par le prise en compte de la réalité du terrain et du contexte local, cette sectorisation serait un moyen d’endiguer la fuite vers le privé !
En réalité, étant donné que les collèges privés sont pleins sur Aix, il y a deux freins à une réelle mixité sociale dans le collège du Jas de Bouffan :
la municipalité d’Aix ne met pas à disposition les transports routiers nécessaires pour les lèves des Milles
les dérogations prévues par la loi sont bien trop permissives, ce qui permet à l’IA de s’engouffrer dans la brèche
Vote : 9 abstentions (cgt-snes-fo) le reste pour

-de Marseille entre Henri Wallon et M Laurencin 
Vote : 3 abstentions (cgt-fo), le reste pour

4/ le règlement départemental des écoles

De nombreux points du règlement ont été discuté, le snes est intervenu pour indiquer leur inquiétude face à la mise en place d’une liste des sanctions prévues (comme cela se fait en collège). Pour l’IA cela permet aux élèves de mieux appréhender leurs droits et devoirs. La CGT s’est exprimée contre ce texte qui place les AVS sous l’autorité de l’IEN et non plus du directeur d’école, ce qui pourrait être un obstacle à la liberté d’organisation des équipes sur le terrain. La proposition du SNES acceptée de l’IA de distinguer autorité administrative (IEN) et autorité fonctionnelle (directeur) n’est pas plus satisfaisante.
Nous avons aussi critiqué le retrait de l’ajout qui avait été fait en Groupe de Travail sur la limite physiologique pour l’accueil des enfants de maternelle. La réponse de l’IA est d’une mauvaise foi flagrante : ce serait contraire aux récentes décisions du ministère sur la scolarisation des enfants de moins de 3 ans (textes à vérifier). Il a assuré que les cas litigieux seraient réglés au « cas par cas ».
Vote : 3 contre (CGT, FO) 6 abstentions (SNES) le reste pour.

 

Déclaration de la CGT au CDEN du 16 janvier 2015

Nous sommes la CGT Educ’action.

Nous avons été Charlie, bien évidemment, l’espace de quelques jours. Nous avons été juifs, musulmans et policiers dans les cortèges. Juste le temps d’honorer les 17 morts, victimes de trois lâches assassins. Juste le temps de pleurer la paix civile fissurée à cause de quelques brutes.

Mais il n’est plus temps de pleurer. Nous nous devons très vite de reprendre le combat. Et de reprendre nos esprits. Passé l’unanimisme de façade, passée l’hypocrisie d’une poignée de chefs d’état venus manifester au nom d’une liberté d’expression que beaucoup ne respectent même pas chez eux, nous allons devoir combattre. Combattre contre les lois liberticides prônées prétendument pour notre sécurité. Combattre contre la nouvelle censure de ceux qui, hier encore, défilaient dans les rues pour soit-disant la pourfendre. Combattre pour mettre enfin un terme à cette politique d’austérité absurde qui plonge l’Europe dans l’obscurantisme. Tous les obscurantismes : qu’ils soient religieux ou politiques.

Alors nous avons troqué notre pancarte « Nous sommes Charlie » pour d’autres « nous sommes », que nous avons toujours été, que nous serons encore demain.

Car nous sommes aussi l’école publique en haillons après des années d’abandon et d’attaques politiciennes, financières et médiatiques.
Nous sommes l’école publique abandonnée face à l’école privée qui profite éhontément des moyens qui lui sont attribués pour une réforme absurde qu’elle n’applique pas. 
Nous sommes les élèves de Marseille et d’ailleurs, victimes de la réforme inégalitaire des rythmes scolaires qui montre chaque jour que nous avions raison de la dénoncer pour cette raison.
Nous sommes les élèves de Marseille et d’ailleurs qui seront en garderie pendant que d’autres auront des activités à la hauteur des moyens financiers et humains investis par leur Maire.
Nous sommes les élèves de Marseille et d’ailleurs confiés à des animateurs sans diplômes en nombre insuffisant.
Nous sommes les élèves des maternelles de Marseille et d’ailleurs qui sont entassés dans des écoles où le seuil des effectifs est pourtant largement dépassé.
Nous sommes les lycées, collèges et écoles qui subissent de plein fouet la réforme au rabais de l’Éducation Prioritaire.
Nous sommes les écoles qui devront se contenter du « REP moins » au lieu du « REP plus ».
Nous sommes les élèves de REP + qui, dans une poignée d’années devront étudier dans des classes plus chargées, puisqu’il n’y a aucun texte pour préserver ses spécificités en la matière.
Nous sommes ces élèves des quartiers populaires de Marseille qui n’ont jamais de remplaçant lorsque leur professeur exerce ses responsabilités syndicales ou est en maladie. 
Nous sommes les élèves de lycée et collège qui n’ont plus assez de personnels de vie scolaire pour les préserver et les éduquer.
Nous sommes les élèves handicapés qui voient leur AVS changer en cours d’année à cause de la précarité du statut de l’infâme contrat CUI.
Nous sommes les élèves en difficulté privés de RASED dans le premier degré parce qu’il n’y a plus suffisamment de départ en formation.
Nous sommes les maîtres du « Plus de maître que de Classe » censés pallier à l’éradication d’un corps de métier spécialisé.

Car bien sûr nous sommes aussi des salariés malmenés, exposés aux conséquences des réformes austéritaires dévastatrices, contraints de faire toujours plus avec toujours moins.
Nous sommes ces enseignants à qui des rapports hypocrites reprochent d’être mal formés alors qu’on brade leur droit à la formation sur internet.
Nous sommes ces enseignants qui doivent subir les abus de pouvoir de leur IEN, de plus en plus fréquents dans les Bouches du Rhône.
Nous sommes ces enseignants des Bouches du Rhône harcelés parce qu’ils ne sont pas d’accord avec le point de vue de leur inspecteur.
Nous sommes ces enseignants qui subissent des inspections humiliantes, dans un face à face inégal. 
Nous sommes ces collègues dont les voitures se font régulièrement caillasser par des jeunes du quartier où ils travaillent sans aucune intervention, même symbolique, de leur hiérarchie.
Nous sommes ces collègues au bord du burn-out, abandonnés face à l’urgence de la situation sociale par leur employeur. 
Nous sommes ces enseignants des maternelles de Marseille contraints de pallier aux lacunes de la municipalité en l’absence d’ATSEM formées voire d’ATSEM tout court.
Nous sommes ces enseignants qui voient leur charge de travail sans cesse augmenter avec l’ajout de nouvelles réunions au prétexte de ces « 24 heures forfaitaires illimitées ».
Nous sommes ces enseignants qui ont vu leur salaire geler depuis des années et leur pouvoir d’achat reculer. 
Nous sommes ces enseignants que l’on tente de culpabiliser lorsqu’ils font remarquer qu’ils sont aussi des salariés sous payés par rapport à leurs responsabilités.
Nous sommes ces jeunes enseignants stagiaires titulaires ou dispensés d’un diplôme qu’on les oblige de facto à repasser.
Nous sommes ces jeunes enseignants stagiaires mobilisés pour améliorer leurs conditions qui se voient menacés par leur formateur dans une ambiance de plus en plus délétère.
Nous sommes ces jeunes enseignants stagiaires qui doivent mener de front préparation des cours, mémoire professionnel et préparation à des partiels inutiles.
Nous sommes ces jeunes enseignants stagiaires mis en procédure d’alerte lorsque l’administration découvre qu’ils sont logiquement incapables de faire les choses pour lesquelles personne ne les a formés.
Nous sommes ces étudiants des classes populaires obligés de travailler à côté de leurs études plus longtemps encore pour espérer devenir professeur.
Nous sommes ces AVS et AAD, exploités par l’Éducation Nationale puis jetés comme de vulgaires mouchoirs à papier après avoir honoré leur contrat avec sérieux.
Mais nous sommes aussi, quelque part, les parents inquiets pour la réussite de leurs enfants que l’école n’a pas les moyens de leur garantir, les directeurs noyés dans la paperasse administrative, les animateurs sous-payés avec des responsabilités énormes, les collègues des ATSEM non remplacées...

On nous rétorquera que nous pouvons être beaucoup de choses. C’est vrai. Mais nous, nous avons choisi d’être du côté de l’intérêt collectif plutôt que des intérêts individuels. Du côté des exploités plutôt que des exploiteurs. Du côté des êtres humains travaillant et étudiant dans l’école publique plutôt que de celui des technocrates qui n’y ont jamais mis les pieds.

On nous rétorquera aussi que ces situations sont bien dérisoires par rapport aux récents drames. Ceux-ci se trompent lourdement : à chaque fois qu’une de ces injustices reculera, l’obscurantisme reculera de concert. L’indignation verbeuse sur des principes flous ne suffira pas. On ne combat pas l’obscurantisme avec des pin’s et des badges, encore moins avec des atteintes aux droits et à l’égalité républicaine. Cela fait des années que nous prévenons : tout ça va mal finir ! Car c’est par l’école, qui est le ciment de la société, que nous combattrons ces obscurantismes. Sa déliquescence est la matrice de tous les futurs monstres qu’elle contribuera à créer. C’est l’être humain qui doit être remis au centre de tout. Et particulièrement les êtres humains qui sont dans les écoles, lieu de tous les possibles.

Enfin, oui, nous pouvons être beaucoup de choses. Mais il est trop facile de se contenter « d’être ». Le rôle d’une organisation de salariés est de « faire ». Et, avec nos petits moyens, dont certains récemment acquis, humblement, nous allons continuer de lutter pour les droits qui nous paraissent justes et dans l’intérêt collectif.


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