LE THE ELEPHANT DOIT CONTINUER A VIVRE EN PROVENCE

jeudi 3 février 2011
par  cgt éduc 13 (1er degré)

Implanté depuis 118 ans à Marseille, puis à Gémenos, le Thé de l’Eléphant doit poursuivre son activité qui fait vivre 182 familles, sans compter les emplois induits. Le maintien du site représente un élément essentiel de la vitalité économique et sociale de cette zone d’activité et des quartiers alentours. Notre action syndicale pour le maintien du Thé de l’Eléphant participe au développement du potentiel industriel et de l’emploi en Provence. Seule entreprise en France de conditionnement de thé, le Thé de l’Eléphant doit continuer à vivre en Provence.

LE MAINTIEN DU SITE LÉGITIME ET JUSTIFIÉ

1) Un potentiel humain à sauvegarder Le site de Fralib à Gémenos emploie 182 salariés. Unilever, dans sa soif de faire toujours plus de profits, veut sacrifier 182 femmes et hommes et plusieurs centaines de salariés liés aux emplois induits. Avec ces vies sacrifiées, Unilever tire un trait sur des salarié(e)s, ouvriers et techniciens qui ont acquis un savoir-faire et une qualification professionnelle permettant une qualité des produits reconnue.

Ces savoir-faire et qualifications sont un point d’appui essentiel pour développer une activité industrielle agroalimentaire dans la région de Provence. Cette activité agroalimentaire participe de la vitalité économique du territoire et de la pérennité du lien social entre ses habitants et ceux qui y travaillent. Les savoir-faire et compétences des salariés du Thé de l’Eléphant ouvrent des perspectives de développement de cette activité industrielle et de reconquête de notre marché intérieur des thés et infusions.

2) La défense d’un outil industriel performant La stratégie d’Unilever, sur le site de Gémenos, a entraîné une augmentation très importante de la productivité au détriment des conditions de vie et de travail des salariés. Les salaires ne représentent plus qu’une part infime du prix de revient de la boîte de thé, en faisant un site particulièrement rentable. En 1989, le thé Lipton était produit sur 2 sites, Le Havre et Marseille, comptant 286 salariés et donc des « coûts de structures » multipliés par 2. Aujourd’hui, il n’y a plus qu’un site, celui de Gémenos comptant 182 salariés. En fermant le site du Havre, une économie de coûts de structure d’un site a été réalisée et 103 suppressions d’emplois.

En 1989, les 2 sites produisaient 1,580 milliard de sachets par an. La production était donc de 5,525 millions de sachets par an et par salarié. En 2009, Gémenos, seul site restant, a produit 1,530 milliard de sachets. La production s’élève donc à 8,270 millions de sachets par salarié, soit 2,745 millions de sachets en plus par salarié et par an. En 20 ans, la productivité et l’exploitation par salarié ont donc augmenté de 50 %. Une productivité du travail qui fait que la masse salariale totale du site ne représente plus que 16 cts d’€ sur une boîte de 25 sachets de thé ou d’infusion vendu dans le commerce entre 1,80 € et 2,60 €.

3) Une technologie assurant une haute qualité des produits et un prix plus accessible La technologie des sachets double chambre en papier filtre permet une diffusion aromatique plus naturelle, de meilleure qualité que la technologie des sachets Pyramides, plus chimiques. De plus, la technologie des sachets Pyramides pose des problèmes d’hygiène.

La technologie des sachets Pyramides, en fait inutile et imposée aux consommateurs, est très coûteuse et se répercute sur le prix à la consommation tout en n’apportant rien en termes de qualité (voire moins) ou d’utilisation. Le rapport qualité-prix est donc défavorable aux sachets Pyramides, mais permet à Unilever de faire payer aux consommateurs une innovation marketing inutile et d’augmenter ainsi ses profits.

4) Une marque à défendre pour qu’elle reste en France installée depuis 118 ans en Provence, à Marseille puis à Gémenos, la marque « Eléphant » est connue et reconnue au niveau national. Cette reconnaissance a mis en échec la tentative d’Unilever de faire disparaître notre marque traditionnelle et de faire de Lipton la seule marque de thé du groupe en France. En misant tous les investissements technologiques et publicitaires sur les sachets Pyramides sous la marque Lipton, Unilever vise à rayer d’un trait de plume une tradition nationale. La fermeture du site de Gémenos menacerait de disparition la marque « Eléphant », fleuron de l’industrie nationale agroalimentaire. La marque « L’Eléphant » doit continuer à vivre avec le maintien de l’outil industriel.

5) Une entreprise de conditionnement à maintenir pour un marché national à développer Le site de Fralib à Gémenos est la seule entreprise française de conditionnement de thé et d’infusions. Sa fermeture est d’autant plus injustifiée que la France est le premier marché pour Unilever en Europe continentale et que le groupe répond à près de 40 % de la consommation française. Fermer le site de Gémenos pour délocaliser la production en Belgique et en Pologne revient à accepter la suppression de 182 emplois, l’arrêt total de la production de thé et d’infusions en sachets en France et donc la réimportation de ces produits de l’étranger et une nouvelle dégradation de la balance commerciale du pays. C’est accepter également que le marché français soit approvisionné de l’extérieur et une destruction de l’outil industriel qui nous interdirait toute production nationale. Le site de Gémenos doit poursuivre son activité de conditionnement de thé et d’infusions et se développer afin de protéger et reconquérir le marché national.

6) Un approvisionnement solidaire en matières premières Le maintien du site de production de Gémenos doit être l’occasion de construire des relations nouvelles de coopération avec les pays en développement pour l’approvisionnement de l’usine en thé. Contrairement aux transnationales qui font peser un talon de fer sur ces pays les maintenant dans la pauvreté, cet approvisionnement doit se faire dans un esprit de solidarité et sur un pied d’égalité pour aider à leur développement économique et social. Il doit également être l’occasion de relancer la production et l’approvisionnement locaux en herbes aromatiques pour la production et le conditionnement d’infusions sur le site de Gémenos.

LES MOYENS DU M AINTIEN DU SITE DE GÉMENOS ET DE SON DEVELOPPEMENT

7) Unilever, pillage des travailleurs et de la nation La gestion de l’entreprise Fralib par Unilever a été déloyale : le transfert de production a commencé bien avant l’annonce de la fermeture et le désinvestissement sur le site a créé les conditions du désengagement du groupe. Néanmoins, la stratégie de la transnationale Unilever au service de ses actionnaires a abouti à des gains considérables de productivité du travail. Tandis que la productivité augmentait de 50 % en vingt ans, le salarié qui était payé 46 % au-dessus du Smic en début de période, vingt ans après n’était plus payé que 3,5 % audessus du Smic. Cette spirale de réduction de la masse salariale est une course à l’abîme qui n’entraîne que misère, chômage. De plus, ces gains de productivité n’ont pas bénéficié aux consommateurs qui n’ont pas vu les prix des produits baisser. Il faut rompre avec cette logique. Les salariés du site sont disponibles pour s’approprier sous une forme à définir Collectivement et en concertation leur outil de travail qu’ils connaissent parfaitement. Ils sont les mieux à même de le faire fonctionner pour bénéficier des richesses créées par leur travail et répondre aux besoins des consommateurs en matière de qualité des produits.

8) Unilever doit financer le développement de l’usine de thé et d’infusions de Gémenos La réorganisation d’Unilever et l’installation de son centre opérationnel en Suisse lui permet de passer à travers la fiscalité française et ainsi de voler en toute impunité 67 millions d’euros chaque année, depuis 2007, à la collectivité nationale. En acceptant la fuite fiscale, en laissant Unilever poursuivre la casse de l’emploi et les délocalisations en Belgique et en Pologne, en démultipliant les cadeaux au patronat, le gouvernement collabore à des politiques patronales de destruction du potentiel agroalimentaire national.

Au niveau mondial, sur 7 ans (2001-2007), 13,7 milliards d’euros de dividendes ont été versés aux actionnaires qu’ils ont empochés sans rien faire. Unilever France a fait remonter 750 millions d’euros de dividendes en 2008, après 300 millions en 2007, à sa maison mère Cette richesse largement distribuée aux actionnaires est le fruit de l’exploitation des salariés du groupe et donc des 182 salariés de Fralib à Gémenos.

Unilever peut et doit financer le plan de relance du site pour maintenir l’emploi, la production et le conditionnement de thé et d’infusions de l’Eléphant à Gémenos.

9) L’Eléphant vivra… La marque nationale et traditionnelle du Thé de L’Eléphant est la propriété des salariés et le symbole de toute l’usine. Elle doit être sauvegardée et rester propriété des salariés qui, par leur savoir-faire, ont su construire sa notoriété par sa reconnaissance et la qualité de ses produits. Pérenniser l’activité du site exige, de même, que le groupe et les pouvoirs publics s’engagent à mettre à disposition le réseau commercial, les machines, les approvisionnements…

10) Les pouvoirs publics et les collectivités locales doivent s’engager Au-delà des discours, les pouvoirs publics, les collectivités territoriales doivent s’engager concrètement et financièrement dans la relance de l’activité de thé et d’infusion à Gémenos. Fralib, gérée par les salariés, doit devenir l’« Entreprise provençale et nationale » de conditionnement de thé et d’infusion, sous la protection et avec l’engagement concret des collectivités territoriales (région, département et municipalités) répondant aux besoins des consommateurs de notre pays.

Une véritable table ronde doit être mise en place pour discuter du plan de relance de l’activité.

Comité d’entreprise Fralib-Gémenos, Le 3 janvier 2011

Adopté à l’unanimité



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